34                          RECHERCHES SUR MOLIÈRE.
Armande Béjard est donc née au commencement de 1643 ou à la fin de Tannée 1642, et elle était bien sœur et non fille de Madeleine Béjard, malgré ce qu'en ont dit Grimarest et tous ceux qui, depuis lui, ont donné gain de cause à la tradition-, même en présence de l'acte de mariage du 20 fe­vrier 1662, publié par Beffara1 d'après les registres de Saint­Germain l'Auxerrois. On verra plus loin d'autres documents où la femme de Molre figure constamment et dans les cir­constances les plus solennelles comme ur de Madeleine Béjard, mais aucun n'est antérieur au mariage de Molière et, pour lever toute incertitude, il ne fallait pas moins qu'un acte authentique remontant jusqul'époque méme de «la naissance d'Armande Béjard.
Le premier nom qui, dans le marché du 28 décembre 1643, se présente à la tête des associés de l'Illustre Théâtre, est celui de Denis Beys. On connaissait jusqu'à présent sous les noms de Charles Beys ou de Beys, Tauteurjde deux tragi-comédies données en 1635 à l'hôtel de Bourgogne, et d'une comédie, l'Hôpital des fous, jouée Tannée suivante sur le méme théâtre, et reprise en 1658 sous le titre des Illustres fous* ; il est impossible que ce Charles Beys ne soit pas le même que le Denis Beys de l'Illustre Théâtre. M. Paulin Paris a retrouvé dans un Recueil de diverses poésies imprimé en 1646, et a communiqué à M. Bazin des Stances adressées à monseigneur le duc de Guise sur les présents qu'il a fait de ses habits aux comédiens de toutes les troupes. L'auteur anonyme de ces stances finit, dit M. Bazin 8, « par demander pour lui-même une part de la glorieuse défroque, » et après avoir nommé « ceux qui en avaient été déjà nantis, savoir : de Ia troupe du Marais, Floridor; de celle du Petit-Bourbon (Ia
l'Empire, Y 3912). Enfin il a paru singulier que Marie Hervé ait encore eu un enfant après-vingt-huit ans de mariage, mais la naissance de sa fille Bénigne-Madeleine en 1639 prouve la fécondité de Marie Hervé jusqu'à un age assez avancé.                              ,
1.  Page 7 de sa Dissertation.
2.  Histoire du Théâtre François, par les frères Parfaict, tome V, page 123.
3.  Notes sur la vie de Molière, page 24.